Saison 2019 – 2020

NOS CONFÉRENCES

Les Grandes Conférences Liégeoises, organisées conjointement par la Ville et l’Université de Liège, en Belgique, proposent d’octobre à avril, un cycle de conférences de haut niveau où sont traitées dans le pluralisme les grandes questions de société.

Economiste. Collège d’Europe. Commission européenne
Face aux transformations du monde, osons la souveraineté de l’Europe

La globalisation, hier source de croissance et aujourd’hui en crise, bouleverse l’équilibre géopolitique du monde  avec l’effondrement de l’URSS, la renaissance de la Chine – un défi pour la stabilité de l’Asie- et le repli des États-Unis dans l’unilatéralisme pour préserver leur hégémonie stratégique. En outre le climat se détériore rapidement et menace la planète elle-même, ajoutant ainsi aux incertitudes qui pèsent sur le modèle européen. S’y ajoutent les pressions migratoires en provenance d’Afrique. L’Europe, aujourd’hui divisée entre est et ouest, amputée par le Brexit, affaiblie  par le retour d’une sourde rivalité entre France et Allemagne, et paralysée par le veto, est d’autant plus vulnérable à ces  menaces qu’elle n’est plus assurée du bouclier américain. Il lui faut donc sortir de sa crise existentielle et  s’unir pour  redevenir sujet de son Histoire. Traverser les turbulences du monde exige de reprendre le contrôle du  capitalisme global  et s’imposer aux pays continentaux émergents.

L’Europe  doit pour cela oser la souveraineté. En renforçant l’euro et en se dotant d’une défense commune, elle disposera des outils nécessaires pour sécuriser son modèle de développement durable et pour peser sur le cours du monde. Elle pourra ainsi   prévenir une confrontation directe entre les États-Unis et la Chine dans laquelle elle se trouverait happée si elle restait à ce point dépendante de Washington. Il faut donc  convaincre le citoyen européen de passer du marché à une communauté de destin fondée sur des valeurs et des idéaux communs autant que sur des intérêts…

Auteur de bande-dessinée. Réalisateur
L’Arabe du futur.
Les Cahiers d’Esther : un regard sur la jeunesse

Riad Sattouf aime à se définir comme un bédéiste auteur-pilote, clin d’œil à son rêve – toujours présent – d’être pilote de ligne. Retour sur un parcours atypique. De père libyen et de mère française, l’auteur de bandes dessinées et réalisateur Riad Sattouf voit le jour le 5 mai 1978 à Paris. Il passe les dix premières années de sa vie dans différents pays du Maghreb et du Moyen-Orient (Algérie, Libye et Syrie) et cette enfance très mouvementée est surtout marquée par la passion qu’il développe pour les bandes dessinées, envoyées régulièrement par sa grand-mère depuis la France.

L’univers de l’animation n’a de cesse de l’attirer, y compris sa version télévisée, à travers son admiration fascinée pour le dessin animé « Les Mystérieuses Cités d’or », réalisé par Bernard Deyriès. De retour en France, il réalise avec regret qu’il ne peut envisager le métier de l’aviation et se consacre donc, dès lors, au dessin, discipline pour laquelle il a toujours fait preuve d’un don inné et manifeste. C’est ainsi qu’il intègre l’École Pivaut (école d’arts appliqués) puis l’école des Gobelins, section animation.

Productif depuis son enfance, il lui faut néanmoins attendre l’année 1997 pour que son travail soit repéré par Olivier Vatine, qui le présente aussitôt à l’éditeur Guy Delcourt chez qui le jeune homme de dix-huit ans fait paraître sa première série intitulée « Petit Verglas », sur un scénario d’ Éric Corbeyran.

Travaillant sans cesse son style et ses thèmes et après une longue série de refus, le jeune artiste obtient en 2003 la publication des premières bandes dessinées entièrement conçues par ses soins (scénario et dessin) : « Manuel du puceau » en 2003 et « Ma Circoncision » en 2004. Les deux œuvres retracent, avec beaucoup d’humour et d’autodérision, quelques-uns des incidents les plus hilarants de sa propre adolescence. Dès lors, Riad Sattouf devient un dessinateur incontournable et les éditeurs s’arrachent ses œuvres qui sont alors très régulièrement publiées ; « No sex in New York » (en 2004), « Retour au collège » (en 2005, pour laquelle il réintègre, pendant deux semaines, les rangs d’un collège huppé), « Laura et Patrick » (en 2006)…

Assumant clairement une œuvre majoritairement personnelle et quasi autobiographique, le jeune artiste trouve, au fil de ses publications, le moyen de créer deux personnages dont l’un représente son alter ego, Jérémie dans « Les Pauvres Aventures de Jérémie », et l’autre son opposé, « Pascal Brutal » de l’œuvre du même nom. Attiré depuis longtemps par le grand écran, Riad Sattouf saute le pas en 2009, en réalisant son tout premier film intitulé « Les Beaux Gosses », qui raconte les péripéties amoureuses et amicales d’Hervé, un collégien de quatorze ans doté d’un physique et d’une intelligence très contestables. (…) Le film connaitra un important succès et sera nommé pas moins de trois fois aux César, remportant le César du meilleur premier film.

En 2010, c’est une autre récompense qui vient célébrer le talent de Riad Sattouf lorsqu’il reçoit, à l’unanimité du jury du festival de la BD d’Angoulême, le Fauve d’Or, prix du meilleur album pour « Pascal Brutal ». Par ailleurs, Riad Sattouf fait également quelques apparitions au cinéma, en jouant de petits rôles, notamment dans « La Guerre est déclarée » de Valérie Donzelli ou encore « Camille redouble » de Noémie Lvovsky.

En dialogue avec Jérôme Colin, Riad Sattouf nous racontera son enfance vécue en Syrie, au Liban et en Lybie. Hors norme, cette vie est aussi une lecture sociologique et géopolitique de l’état du monde.

Source : elle.fr

Rabbin. Journaliste
Repli et communautarisme.
Pourquoi l’identité est-elle un gros mot ?

Delphine Horvilleur est l’une des trois femmes rabbins de France. Elle a été ordonnée en 2008 à New York et est aujourd’hui la voix la plus écoutée du judaïsme libéral, minoritaire en France.

Nationalismes, fondamentalismes, replis communautaires, testes ADN, obsessions des origines… l’heure est à la uête identitaire déclinée sous des formes multiples.

Mais est-il possible de dire vraiment qui on est ? Et pourquoi ne pas y parvenir pourrait être une bénédiction ?

Dans ses prises de paroles, dans sa relecture des textes, dans ses livres, Delphine Horvilleur questionne l’acceptation (ou le refus) de l’altérité, les genres et les identités. Elle a récemment sorti, chez Grasset, “Réflexions sur la question antisémite”. Elle explore l’antisémitisme d’un point de vue juif via les textes sacrés, les légendes et s’intéresse à la façon dont les discours antisémites ont modelé les féminités et les masculinités juives.

Egérie du camp progressiste, honnie par les tenants d’un judaïsme rigoriste, la rabbine Delphine Horvilleur est au carrefour des quetsions qui interrogent notre temps.

Astrophysicien. Philosophe
Comment habiter maintenant la Terre ?

Sans faire la morale ni culpabiliser, Aurélien Barrau nous dresse le bilan de notre civilisation actuelle et de la catastrophe qui est à nos portes. Il le précise lui-même, il est astrophysicien et non écologue. Son discours et son dernier opus «  Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité » n’a nullement prétention à la rigueur universitaire. C’est en tant qu’habitant de le Terre et membre de la tribu des vivants qu’il tente ce cri d’alerte, parmi tant d’autres plus savants et plus approfondis.

Aurélien Barrau précise encore que ses collègues climatologues et biologistes sont désespérés car ils ne savent plus comment exprimer la gravité de la situation. Ils ne savent plus quoi faire pour être entendus. Il a donc choisi d’apporter sa contribution afin d’aider à presser le pouvoir politique à prendre ses responsabilités et aider également chacun d’entre nous à opérer une évolution (ou révolution) dans son rapport à la nature, aux animaux et à la planète.

Philosophe. Ecrivain. Voyageur autiste
Nos intelligences multiples. Le bonheur d’être différent

Et si, dans la société standardisée et normative qui est la nôtre, il y avait encore une place pour la « biodiversité humaine » ? Notre société, nos institutions privilégient trop souvent la standardisation des modes de vie et des façons de penser, plébiscitant notamment le diktat du QI, caricature de l’intelligence, qui déterminerait nos chances de réussites.

Pour Josef Schovanec, le bonheur est ailleurs ! Personne autiste longtemps tenue en marge de la société, philosophe et passionné de voyages, il nous prouve que le bonheur n’est pas intrinsèque à cette hyper-normalité prônée par les systèmes en place, bien au contraire. Ses incessantes transhumances à travers le monde et les innombrables personnes rencontrées en chemin l’ont en effet convaincu qu’il existe une pluralité d’intelligences. Qu’elles se déploient dans le domaine des mathématiques, des langues secrètes chères à Tolkien, ou des profondeurs d’Internet, qui est en propre le pays des autistes, elles ont en commun le bonheur d’être différent.

Avec l’érudition, l’humour et la sensibilité qui le caractérisent, Josef Schovanec nous entraîne à la rencontre de ces intelligences multiples pour une véritable leçon d’humanité.

Psychiatre. Écrivain
La famille face aux écrans

Serge Tisseron est psychiatre et psychanalyste, directeur de recherches à l’université Paris X. Il a imaginé la règle « 3-6-9-12 » qui donne des repères sur l’utilisation des écrans en fonction de l’âge de l’enfant. Il a également crée le jeu des trois figures en maternelles, jeu de rôle qui permet aux enfants de mettre en scène leur vécu dû aux écrans et de favoriser l’empathie. Il a également créé un site internet :  La mémoire de chacun au service de la résilience de tous (www.memoiredescatastrophes.org).

Spécialiste des secrets de familles, des écrans et de leur impact sur nos vies, de la mémoire collective, de l’empathie… Serge Tisseron intervient régulièrement dans les médias et dispense de nombreuses formations et conférences.

Site web de Serge Tisseron

Journaliste. Écrivain
Le Prince mystère de l’Arabie

Une enquête fascinante sur le nouveau prince héritier qui bouscule l’Arabie Saoudite

À 32 ans, Mohammed ben Salman, dit « MBS », est le prince héritier d’Arabie Saoudite – il est le premier petit-fils d’Ibn al-Saoud, le fondateur du royaume qui porte son nom, à accéder au pouvoir. Descendant richissime d’un système féodal – il est notamment le propriétaire du château Louis XIV à Louveciennes, considéré comme l’une des demeures les plus chères au monde –, il veut transformer le pays en profondeur, en réduisant sa dépendance au pétrole, en mettant les Saoudiens au travail et en accordant aux femmes le droit de conduire.

Mais derrière cette façade progressiste, d’autres traits bien plus sombres apparaissent. MBS dirige l’une des sociétés les plus oppressives de la planète – où la liberté de penser et l’espace public se réduisent de jour en jour – et se pose en chef de guerre intransigeant en maintenant l’engagement de son pays dans le conflit au Yémen, devenu l’une des plus graves crises humanitaires au monde.

Dans ce pays où 70% de la population a moins de 30 ans, MBS est-il un visionnaire, un réformiste ou un opportuniste brutal ? Le roi, son père, a 82 ans. S’il lui succède comme prévu, il pourrait régner un demi-siècle. Où va-t-il conduire cette Arabie aux réserves pétrolières illimitées, à la puissance militaire et économique immense et au rôle politique croissant dans un Moyen Orient en plein chaos ?

Christine Ockrent est journaliste et écrivain. Elle anime chaque samedi sur France Culture l’émission « Affaires étrangères ». Elle est notamment l’auteur aux éditions Robert Laffont de La double vie de Hillary Clinton (2001), Bush-Kerry, les deux Amérique (2004), Les Oligarques, le système Poutine (2014), et Clinton/Trump, l’Amérique en colère (2016).

INFORMATIONS PRATIQUES

Lieu des conférences : Palais des Congrès
Esplanade de l’Europe, 2 – 4020 Liège
Les conférences débutent à 20 h 15

SÉANCE

10
  • 1 conférence

ABONNEMENT

65
  • Saison 2019-2020
Lorsqu’une salle est complète, un Duplex est ouvert
(retransmission en direct sur écran géant).

CONTACT

Les Grandes Conférences Liégeoises asbl

Échevinat de la Culture et du Tourisme
En Féronstrée, 94 – 4000 Liège

Permanence du lundi au jeudi de 9 h à 15 h 30
Tél. 04 221 93 69 • info@gclg.be